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Pourquoi ce livre ?
Rémy RODEP
Interview
de
Christian Fournier- Christian FOURNIER : Pourquoi publier cette autobiographie ?
- Rémy RODEP : Au départ ce livre n'était pas destiné à être publié, je voulais seulement mettre en ordre cette multitude de pages, de documents, d'informations contenus dans nos différents dossiers obtenus auprès du service de l'aide à l'enfance, pour la famille, rien de plus.
__________________________________________________- Christian FOURNIER : Qu'est-ce qui vous a finalement fait changer
d'avis ?- Rémy RODEP : Deux évènements totalement inattendus, le premier c'est un incident qui s'est produit avec une fille rencontrée sur mon lieu de travail et que je croyais être une amie.
Je me suis dit, avec elle je ne vais pas tricher, ni mentir, ni m'inventer un passé que je n'aie pas. Alors un soir alors que nous étions dans un restaurant, je lui ai montré un courrier que j'adressais à cette prétendue mère et à ce de père inconnu pour leur faire savoir que je n'avais plus besoin d'eux pour connaître mon histoire, et que maintenant je n'ignorais plus rien de leur comportement infect.
Mon malheur, c'est que dans ce courrier, je leur décrivais également les souffrances, les humiliations que j'avais subies pendant toutes ces années à cause d'eux, mais avec la complicité précieuse de mon stylo à bille bic, Cristal tracé moyen de 0,6 millimètres de couleur bleue, je parlais aussi de ce très lourd aveu fait à ma psy. Pour une fois que je ne voulais pas tricher avec une amie, très mauvaise pioche pour moi, j'allais très sérieusement le regretter.
Elle va se servir de ces confidences pour exercer un odieux chantage, je me suis rendu compte à ce moment là combien j'étais vulnérable, j'ai alors décidé d'arrêter de m'inventer une vie que je n'avais pas, de tricher, de mentir.
__________________________________________________- Christian FOURNIER : et le deuxième événement déterminant ?
- Rémy RODEP : A cette même époque j'allais enfin comprendre l'origine de mes crises d'angoisse et de panique apparues en 1989. Crises qui devenaient de plus en plus fréquentes, mais surtout de plus en plus invalidantes. Je ne pouvais plus me déplacer, ni prendre le métro, ni le bus, une file d'attente dans un supermarché et la crise était là, dès que je m'éloignais de mon domicile la crise m'attendais au kilomètre.
Ces deux éléments réunis ont été déterminants, je me suis alors dit que finalement cette histoire pourrait faire l'objet d'un livre, et que ce livre pourrait être utile pour aider ceux et celles qui comme moi ont vécu les mêmes choses, les mêmes sévices, les mêmes drames et les mêmes larmes.
- Christian FOURNIER : Est-ce que cette autobiographie a été difficile
à écrire ?
- Rémy RODEP : De l'écrire pas vraiment. Je dirai qu'une fois que j'ai réussi à trouvé le style que je voulais lui donner, l'écriture s'est faite pratiquement toute seule, j'ai de la chance d'écrire vite. Par contre me replonger dans certains évènements particulièrement pénibles et que je croyais à tout jamais enfouis m'ont été très pénibles à écrire et à décrire, certains démons que je croyais à tout jamais disparus sont revenus me hanter.J'ai compensé comme j'ai pu, pendant que le livre s'enrichissait en page, moi c'était en kilos.
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- Christian FOURNIER : Les recherches ont-elles été faciles, elles vous ont
pris combien de temps ?- Rémy RODEP : Plus de vingt cinq ans de patience avant que l'aide à l'enfance se décide à nous ouvrir ses archives. Plusieurs mois pour faire une synthèse de cette multitude de documents, d'enquêtes, des unes et des autres, il m'a fallut les rassembler les analyser, déchiffrer des codes, m'en imprégner…
Comme je ne pouvais rien obtenir de ceux qui se sont autoproclamés avec plus de vingt deux ans de retard, parents sans bien connaître la définition de ce mot, j'ai interrogé le seul parent rencontré en 1993 et avec qui j'ai de bons contacts. C'est grâce à lui que j'ai connu une partie du passé de ma grand-mère maternelle, mais aussi j'ai découvert deux tantes, et de fil en aiguille j'ai reconstitué ce bien difficile puzzle de notre famille. Les recherches ont été longues mais passionnantes.
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- Christian FOURNIER : ''Appréhendez-vous la sortie de ce livre ?''
- Rémy RODEP : Oui énormément car se livre m'a permis de me confier, de me montrer tel que je suis réellement, je me suis confié avec la complicité précieuse de bon stylo à bille bic cristal tracé moyen 0,6 millimètre de couleur bleue, sans aucune censure, ma plume à finalement remplacé le divan inconfortable d'un psy. Lorsque ce livre a été terminé, j'avoue avoir retardé au maximum les contacts éventuels avec les maisons d'Édition. Lorsque j'ai reçu des propositions d'éditeurs j'ai attendu trois bons mois avant de me décider à faire un choix, et une fois le contrat signé, j'ai fait patienter la maison d'Édition trois bonnes semaines avant de lui faire parvenir le manuscrit définitif.
Aujourd'hui je suis pressé de le voir sortir enfin, et qu'importe les conséquences et les regards que je devrais affronter, avec tous ce que j'ai supporter tout au long de ces années, je ne suis plus à ça près.
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- Christian FOURNIER : Je ne sais pas, mais j'ai l'impression que ce livre, ou une partie de se livre s'adresse à une personne bien précise,
je me trompe ?- Rémy RODEP : Bien lu ! Vous êtes la deuxième personne à l'avoir remarqué, ce livre s'adresse bien à une personne en particulier.
Pour trouver de qui il s'agit, il faut résoudre une petite énigme que j'ai volontairement glissé au milieu de ces 360 et quelques pages et qui vous donnera son nom et son prénom, mais attention, je ne l'ai pas glissée là où ça peut paraître le plus évident.
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