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DOUZAT
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Extraits et illustrations |
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C'est pratiquement à
l'entrée du village que depuis des lustres la Mairie avait élu domicile. Ce monument de la République trônait entre le croisement de la rue principale, celle qui traversait le village, et celle qui déviait sa route pour vous conduire en faux jeton, du côté de l'Hopiteau, ou de Hiersac les villes et villages voisins. |
L'église,
ou plus exactement sa cloche, était un élément important de la vie du
village. Les deux postières, ces femmes de lettres, avaient une autre
mission, celle d'aller tirer les cloches tous les jours aux magiciens de la terre, aux artistes de la culture, à ces travailleurs des champs, pour leur annoncer qu'il était midi avec l'exacte précision de 15 minutes de retard. Je ne me souviens plus qui avait dit que : -'' Côté instruction, avant j'étais cloche, maintenant je résonne ?'' |
Sur le
monument aux morts était gravés en lettres d'or, tous les noms
et prénoms des Douzatois qui avaient donné leurs jeunes vie pour la
liberté de leur pays certainement sans qu'on ne leur demande leur avis. Après chaque appel nous devions répondre en choeur :-''Mort pour la France!'' L'énoncé de ce générique funèbre nous faisait prendre conscience du nombre d'enfants qu'avait perdu ce petit village de trois cent et quelques habitants. |
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Devant le nombre constant d'enfants, Monsieur le
Maire et son conseil municipal avaient décidé de prendre le buste de
Marianne sous le bras et la photo du Général de Gaulle pour
''occuper'' le premier étage. A la place qu'occupait la Mairie, une
école supplémentaire était aménagée avec de beaux bureaux de bois
clair ''modernes'' et de vrais sièges pour s'asseoir; cette deuxième
école allait s'appeler ''la petite classe'' |
Je quittais
alors ma place avec un immense point d'interrogation au-dessus du
crâne. Je sortais dans la cour, je traversais les quelques mètres qui me séparaient de la ''grande classe'', et je frappais timidement à la porte au carreau du bas qui était juste à ma hauteur. Le fait de frapper troublait la classe et tout le monde me dévisageait. |
L'école
soudée à la Mairie par un mur citoyen avait dans le centre de sa
cour goudronnée, un marronnier solitaire, centenaire et dépressif,
lassé, fatigué, épuisé d'entendre les cris insupportables des gamins
pendant les récrés. |
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Je ne sais plus pourquoi mais un jour, alors
que ma petite |
Je retrouvais
le vieux
puits, et bien qu’il n’était plus sujet au coup de pompe plusieurs fois par
jour, il vieillissait bien mal, vieillissait seul et abandonné, l’arrivée de
l’eau courante l’avait définitivement mis à la retraite forcée et ça le rendait ronchon. |
La pompe
en permanence désamorcée couinait de douleur dès que l’on essayait de lui actionner le bras, la rouille d’ingratitude et d’inaction l’avait envahie de toute part et elle était devenue tout d’un coup vieille et arthritique. |
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